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Des sources informées : les propos de Sabri Boukadoum ont été déformés par le Makhzen

Par Kamel M. – Des sources informées ont révélé à Algeriepatriotique une série de manipulations et de déformations volontaires relayées par certains médias et réseaux d’influence, notamment marocains, à la suite d’une récente intervention de l’ambassadeur d’Algérie aux Etats-Unis, Sabri Boukadoum, lors d’une conférence organisée par le Stimson Center à Washington. Plusieurs passages de son intervention ont été sortis de leur contexte, entraînant des interprétations erronées et une campagne de désinformation ciblée.

Selon les mêmes sources, l’un des extraits les plus diffusés, affirmant que «tout est possible» dans le dossier palestinien, a été amputé de sa première partie, modifiant profondément le sens initial. Le diplomate soulignait en réalité que toute évolution ne pourrait intervenir qu’«après l’établissement effectif d’un Etat palestinien», rappelant que ce dernier a été proclamé à Alger en 1988 sur la base des frontières de 1967. Nos sources rappellent également que la position algérienne demeure alignée sur l’Initiative de paix arabe adoptée à Beyrouth en 2002, fondée sur le principe «territoire contre la paix».

Sur la question du Sahara Occidental, les propos tenus par notre ambassadeur à Washington portaient, selon les sources consultées, sur la nécessité de relancer des négociations directes entre les deux parties concernées, à savoir le Maroc et le Front Polisario. L’Algérie, a soutenu Boukadoum dans sa conférence, se dit prête à soutenir le processus si nécessaire, mais rejette catégoriquement toute idée de se substituer au Front Polisario dans la détermination de l’avenir du peuple sahraoui.

Concernant le Mali, nos sources indiquent que l’ambassadeur d’Algérie aux Etats-Unis avait adopté un ton mesuré, insistant sur l’interdépendance des deux pays et sur les liens historiques de coopération. Le message soulignait toutefois l’attitude «ingrate» de la junte malienne actuelle envers Alger.

«Ces nuances ont été ignorées ou volontairement transformées par certains relais médiatiques, allant jusqu’à accuser l’Algérie d’ambitions territoriales au nord du Mali, une rumeur absurde», corrigent nos sources.

Les réactions les plus vives à la conférence de Washington, toujours selon nos sources diplomatiques, ne sont pas venues des milieux politiques ou académiques américains – pourtant destinataires naturels du discours –, mais principalement de médias et relais marocains. Ces derniers ont, en effet, multiplié les lectures biaisées, en particulier sur le dossier du Sahara Occidental. Après avoir présenté comme une victoire le dernier vote du Conseil de sécurité sur la question, le Makhzen cherche désormais de nouveaux angles d’attaque pour entretenir la polémique.

Nos sources, qui expliquent cette nouvelle séquence de tensions médiatiques illustre la sensibilité extrême qui entoure les dossiers régionaux, notamment le Sahara Occidental et la situation sahélo-saharienne, insistent sur la nécessité de replacer les propos dans leur contexte et mettent en garde contre les campagnes organisées destinées à dénaturer les positions officielles de l’Algérie.

K. M.