Par Mrizek Sahraoui – Toujours le même sketch. C’est dans cet entre-soi habituel, le cloaque raciste, que Xavier Driencourt, un nom qui, il y a quelques années encore, n’évoquait rien ni personne, synonyme de rien du tout en somme, c’est donc dans ce microcosme haineux appelé «Forum du Figaro» que l’ex-ambassadeur de France à Alger a dégoisé, éructé pour la énième fois sur l’Algérie.
Se voyant sans doute dépassé par les événements, s’apercevant que son discours ne tient plus la route et n’a guère d’impact quelconque sur les nouvelles orientations qu’entendent mettre en œuvre les vrais décideurs, alors Xavier Driencourt a sorti en ricanant : «Le régime algérien, c’est la Corée du Nord à 800 km de Marseille». Une analogie qui relève de la méconnaissance et de l’Algérie et de la Corée du Nord. C’est surtout une preuve éclatante que le titre d’ambassadeur n’immunise nullement contre la connerie et les raccourcis les plus idiots en matière de géopolitique.
Il n’était rien Xavier Driencourt, il y a deux ou trois ans. Mais depuis qu’il a fait de l’Algérie son fonds de commerce, très lucratif au demeurant, il s’est taillé une notoriété (de pacotille) dans le fan club des nostalgiques, ainsi que dans les cercles néocoloniaux et de toute la galaxie réactionnaire revancharde.
Sa dernière sortie, plutôt un délire en barre, n’est ni une analyse ni une critique. C’est un rot d’arrogance qui en dit long sur l’homme, dont la détestation obsessionnelle et le mépris décomplexé de l’Algérie et des Algériens frisent la pathologie.
Oui, l’ancien diplomate, à proprement parler un baratineur que les médias, dont la seule ligne éditoriale est de dénigrer notre pays, habillent d’oripeaux d’«expert», est obsédé par l’Algérie. Sa garrulité l’a poussé jusqu’à à une comparaison hasardeuse qui confond analyse géopolitique et conversations oiseuses du café du commerce. Un bavardage qui fait office de stratégie médiatique visant à salir l’Algérie et ses institutions. Ce n’est rien de moins qu’un mélange toxique de vieux relents coloniaux usés jusqu’à la corde, mêlé à beaucoup de rancœur personnelle.
La France est au bord de la falaise, mais Xavier Driencourt, comme tout un arc de la classe politique, qui va d’un certain nombre de macronistes à la coquille vide Reconquête !, du Français de papiers Zemmour grâce au décret Crémieux, en passant par les Républicains et Horizons, le parti du maire du Havre, le Havre par où passe une quantité considérable de cocaïne destinée au peuple de France, tout ce beau monde regarde ailleurs. Vers l’Algérie, laquelle est devenue, en conséquence des échecs sur tous les plans, politique, diplomatique, économique et social, le bouc émissaire, le souffre-douleur idéal qui met en sourdine les difficultés auxquelles sont confrontés les Français qui n’en finissent pas de payer l’incurie de leurs dirigeants.
Personne n’est dupe. Encore moins les observateurs avertis, qui suivent à la loupe le discours haineux et non moins revanchard du diplomate. Ces derniers ont une autre explication de cette sortie véhémente contre l’Algérie. Ils y voient une réaction épidermique et aigrie de l’ex-ambassadeur après que le triple agent Sansal (l)’a complètement zappé. Ce dernier ne lui a, en effet, accordé même pas l’ombre d’une considération particulière après avoir été gracié par le président Tebboune pour motifs humanitaires. Sans doute que Boualem Sansal a compris à ses dépens le piège que Xavier Driencourt lui a tendu en l’envoyant au casse-pipe.
M. S.



