La capitale britannique a abrité en l’espace de deux jours, trois évènements marquant l’approfondissement des relations entre l’Algérie et le Royaume-Uni et l’extension de la coopération bilatérale à l’agriculture et l’agroalimentaire.
A la Chambre des Lords, jeudi soir, le ministre britannique du Commerce, Chris Bryant, présent à la rencontre annuelle du Conseil d’affaires algéro-britannique (ABBC), qui célébrait le 20e anniversaire de sa création, a fait part de l’entière disponibilité de son pays à renforcer davantage ses échanges commerciaux avec l’Algérie.
Il a également fait part de sa vision de l’évolution des relations bilatérales, considérant que les rapports devraient s’étendre au culturel et à l’échange d’expériences, souhaitant le plein succès au groupe de travail (task force) qui se penche sur le dossier commercial.
Ce à quoi l’ambassadeur d’Algérie, Nourredine Yazid, a répondu en se félicitant du volume des échanges qui a atteint 2,6 milliards de livres sterling au 3e trimestre 2025, soit une augmentation de 3,5% par rapport à l’année précédente, encourageant la partie britannique à multiplier et intensifier les missions commerciales en Algérie. L’ambassadeur s’est dit persuadé que la prochaine session du dialogue stratégique permettrait de nouveaux bonds qualitatifs dans les relations de coopération multiforme entre les deux pays.
Dans la matinée du jeudi, l’ambassade d’Algérie à Londres a organisé un forum dédié au secteur de l’agriculture, qui connaît un développement remarquable dans notre pays.
Sous le thème générique «Algérie-Royaume-Uni : pour un partenariat agricole durable», la rencontre, qui a regroupé des représentants d’entreprises du secteur des deux pays et des experts, s’est donné pour slogan «Relier l’agriculture algérienne à l’innovation britannique».
Dans son allocution de bienvenue, l’ambassadeur d’Algérie à Londres a souligné que le choix du thème de ce forum participait de l’orientation stratégique de l’Algérie, dont le climat des affaires a connu un élan significatif en termes d’attractivité des investissements et de diversification de l’économie.
Aussi a-t-il invité les opérateurs britanniques à prendre part au grand chantier ouvert par le gouvernement pour rentabiliser le potentiel énorme que recèle le pays, particulièrement dans le Sud, en investissant dans les projets de modernisation du secteur.
L’ambassadeur a, enfin, assuré les opérateurs économiques britanniques de la disponibilité des services diplomatiques à faciliter toutes les démarches des investisseurs britanniques et à satisfaire leurs sollicitations de nature à contribuer à la construction de nouveaux ponts de coopération basés sur le transfert de technologies et d’expertise.
Le président du Conseil d’affaires algéro-britannique, Martin Roper, partenaire du forum a, pour sa part, salué le dynamisme économique de l’Algérie, émettant le souhait que le Royaume-Uni développe un partenaire stratégique dans le secteur agricole.
Roper a également fait part de la volonté des entreprises britanniques de s’inscrire dans la dynamique en cours, apportant leur expertise et les solutions technologiques dans les domaines de l’agriculture de précision, de l’intelligence artificielle agricole, du contrôle de la qualité des sols et du développement des chaînes d’approvisionnement et de transformation alimentaire.
Le président de l’ABBC s’est dit persuadé que l’intégration de ces innovations aux ressources naturelles de l’Algérie pourrait déboucher sur un nouveau modèle de développement agricole dans la région.
Le directeur de l’investissement agricole au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, a fait une présentation sur «les opportunités stratégiques à haut rendement dans ce secteur», appuyée par un documentaire de l’Agence de promotion de l’investissement (AAPI) sur les richesses naturelles de l’Algérie.
Deux ateliers de discussion, respectivement sur «la vision, le partenariat et la croissance», et sur «l’innovation et la durabilité» ont été animés par des opérateurs et experts algériens et britanniques, enrichissant davantage le débat sur les volets pratiques du partenariat dans les domaines de la production végétale et animale, de la transformation alimentaire, de l’énergie propre destinée au secteur agricole, ainsi que de la numérisation et de la recherche scientifique.
Enfin, le Forum, qui a mis l’accent sur la technologie et l’innovation, ouvre ainsi de larges perspectives pour créer une réelle valeur ajoutée et consolider un partenariat durable entre les deux pays dans le secteur agricole.
La veille, des opérateurs algériens et britanniques du secteur agricole s’étaient retrouvés dans le cadre d’une exposition d’échantillons de produits agricoles et de l’agroalimentaire algériens, organisée par la Chambre de commerce de Londres-Ouest, en partenariat avec le Conseil des affaires algéro-britannique, et en collaboration avec l’ambassade d’Algérie à Londres, à laquelle ont pris part des représentants des grandes chaînes de distribution.
Pour les organisateurs, les industries alimentaires et les produits agricoles constituent l’un des domaines de coopération les plus prometteurs entre l’Algérie et le Royaume-Uni.
R. E.



